La parole aux sans-voix

Enquête auprès des enfants, des parents et des enseignants sur l'état de l'éducation dans 9 pays.

Résumé exécutif

Donner la parole à celles et ceux que l’on n’entend jamais : voilà l’objectif simple mais ambitieux qu’Aide et Action International s’est posé à travers cette étude. Pourquoi un tel objectif et pourquoi à un tel moment ?

À l’heure où les contextes d’intervention se complexifient et où les transformations socio-politiques s’accélèrent, les problématiques locales sont difficiles à appréhender pour les États. Si l’on souhaite concevoir des politiques éducatives efficaces et des projets pertinents, il est donc crucial de disposer d’informations fiables et précises concernant l’accès des enfants à l’école, la qualité de l’éducation et les attentes des familles. Certes, les statistiques officielles fournissent des informations sur les taux de scolarisation, d’achèvement ou de réussite aux examens de fin d’année. Mais elles peinent toutefois à rendre compte de la situation quotidienne sur le terrain et à prendre en compte d’autres indicateurs comme le temps que mettent les enfants pour aller à l’école, ou encore le fait que les enseignants occupent un 2ème emploi pour joindre les deux bouts.

Ces informations sont précieuses : elles reflètent le souci de penser et de mettre en place des politiques éducatives par et pour les premiers concernés, à savoir les enfants, les parents et les enseignants. Cette démarche participe du mode de fonctionnement intrinsèque d’Aide et Action International pour laquelle tout part du terrain. Notre étude intègre cependant d’autres sources académiques et institutionnelles dans la réflexion sur l’agenda post-2015.

Deux dates-clés justifient de saisir une telle opportunité d’enquêter auprès des populations : mai 2015 et septembre 2015. Ces deux échéances marquent respectivement la fin du cycle des objectifs de l’Éducation pour Tous (EPT) adoptés à Dakar en avril 2000, et celle du cycle des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) décidés à New York la même année. C’est donc l’occasion de tirer un bilan global des réussites et des échecs apportés par ces deux moteurs, afin de lancer des actions concrètes au plus vite.

En complétant l’analyse de la littérature d’experts sur les nouvelles tendances de l’éducation par la description d’une situation réelle, à partir de la société civile et de données récoltées sur le terrain, cette étude entend donc fournir un nouveau regard sur la portée de l’éducation comme un levier du développement.

Les priorités d’actions identifiées par Aide et Action International combinent à la fois les préoccupations quotidiennes des enfants, parents et enseignants, mais aussi les grands défis que les débats sur l’agenda post-2015 ont mis en lumière. Les pistes de réflexion proposées découlent donc de cette double perspective :

  • Diminuer les coûts directs et indirects de l’éducation pour encourager l’accès et le maintien à l’école des enfants les plus défavorisés
  • Lutter contre le retard accumulé par les enfants à l’école
  • Améliorer sur tous les plans l’environnement scolaire des enfants
  • Impliquer les parents dans la scolarité de leurs enfants
  • Revaloriser le métier d’enseignant
  • Définir des politiques linguistiques claires et pertinentes