Cette épidémie très meurtrière, considérée à juste titre comme un vrai fléau pour l’humanité, a également pour conséquence de ravager les systèmes éducatifs dans les pays les plus touchés par le virus. En effet, comment une école peut-elle fonctionner quand les élèves malades ou ayant des parents atteints par la maladie se déscolarisent et que les professeurs souffrants sont absents ? Et pourtant, l’éducation, notamment auprès des enfants et des adolescents, à un très grand rôle à jouer dans la lutte contre la maladie.
Expliquer aux jeunes les modes de contamination, les conséquences de la maladie et les moyens de se protéger peut permettre de faire reculer la propagation de ce virus auprès de cette population.
Malgré tout, il n’est pas toujours évident de sensibiliser autour de la maladie. De nombreux obstacles au dialogue existent, partout où l’on tente d’éduquer il faut tenir compte des spécificités socioculturelles, des tabous etc. Lorsque des animateurs locaux entreprennent des activités de sensibilisation, il est parfois nécessaire de leur apporter en amont une formation basée sur des savoirs scientifiques et non pas sur des croyances.
Dans le cadre de son combat pour offrir à chacun une éducation de qualité, Aide et Action s’est engagé à lever tous les freins à cette éducation. C’est donc en toute logique, qu’elle intègre dans les zones où cela est nécessaire, la problématique de la maladie dans des projets plus globaux.
En 2006 par exemple, Aide et Action a soutenu un Projet de Lutte Contre le VIH/SIDA dans la zone de Diaobé au sud du Sénégal.
Comparé à d’autres pays d’Afrique, le Sénégal enregistre un taux d’infection VIH/SIDA relativement bas; cela peut s’expliquer par la forte implication des institutions nationales et la mobilisation des communautés. Néanmoins, certaines régions restent particulièrement touchées, c’est le cas de Kolda où le taux de prévalence du virus est le plus élevé (2,8% en 2003). L’objectif du projet Aide et Action était donc de réduire la transmission du VIH/SIDA dans cette zone, plus spécifiquement dans le village de Diaobé et ses environs. Au sein des écoles, des modules d’éducation sexuelle ont été introduits et des clubs VIH/SIDA mis en place ; tandis que dans les villages, des relais ont été formés sur les approches communautaires en matière de prévention.
Le projet, qui s’est déroulé sur un an (2006) a touché 4 398 élèves (dont 2 000 filles) et 3 757 habitants du village et ses environs.
Depuis la fin du projet, une baisse sensible du taux de prévalence du SIDA et des changements de comportement chez les populations ont été enregistrés. Enfin, les élèves sont devenus de véritable relais d’information et de sensibilisation au sein de leurs communautés.
Une éducation de qualité, voilà donc un des moyens clés pour contribuer à l’éradication de la pandémie.
* Chiffres de l’UNICEF. www.unicef.org **ONUSIDA Rapport sur l’épidémie mondiale de SIDA 2006. www.unaids.org