L’Unesco rapporte qu’aujourd’hui 781 millions d’adultes sont analphabètes, parmi eux, 64% sont des femmes. Les spécialistes du développement s’accordent pourtant sur le fait qu’il existe un lien étroit entre pauvreté et analphabétisme, mais aussi entre alphabétisation des femmes et amélioration des conditions de vie ; en conséquence l’ONU a proclamé 2003-2012 « Décennie de l’alphabétisation ».
Les raisons d’un taux si fort d’analphabétisme sont multiples, on trouve bien sûr la pauvreté, le manque d’écoles et d’instituteurs formés, mais aussi la prédominance de la tradition orale dans certaines régions (particulièrement en Afrique) : souvenez vous de la célèbre phrase de l’écrivain Amadou Hampâté Bâ qui disait qu’ « en Afrique, un vieillard qui meurt, c’est une bibliothèque qui brûle ».
L’illettrisme chez les adultes a des conséquences dramatiques pour eux-mêmes, mais aussi pour leurs enfants. Outre la restriction de liberté engendrée par ce phénomène, ces derniers se retrouvent parfois en situation de danger ; c’est par exemple le cas lorsqu’ils s’administrent ou administrent à leurs enfants des médicaments sans pouvoir lire la posologie ou les contre-indications. Il a aussi été démontré que dans de nombreux pays le taux de mortalité infantile est plus bas chez les femmes qui savent lire et écrire.
Sur le plan scolaire, les enfants de parents alphabétisés bénéficient de davantage de soutien et d’attention et statistiquement, les enfants dont les mères sont lettrées ont plus de chances d’aller à l’école.
Cela dit, aussi grave la situation puisse-t-elle être, elle n’est pas irrémédiable. Il existe de nombreuses façons d’agir pour lutter contre ce phénomène. A titre d’exemple, Aide et Action organise régulièrement des actions de sensibilisation des parents sur l’importance de l’école, au sein desquelles elle organise des sessions d’alphabétisation. Plus spécifiquement, dans un projet d’appui à la mise en œuvre du plan de développement de l’éducation de la commune de Ouallam au Niger, Aide et Action a mis en place des centres d’alphabétisation, elle a organisé la formation et le suivi des alphabétiseurs, elle a sensibilisé les néo alphabètes pour une meilleure implication dans les activités de développement communautaire et a organisé la commémoration de la journée internationale de l’alphabétisation (le 8 septembre).
N’oubliant pas qu’un fois lettrés, les néo alphabètes doivent pouvoir exercer leurs nouvelles aptitudes, Aide et Action encourage donc d’une manière générale le développement de supports de communication écrits, construit ou rénove des bibliothèques, etc...
Assurer le droit à l’éducation pour tous passe aussi par la possibilité pour les adultes qui n’ont pas appris à lire et à écrire de pouvoir le faire. Parce que leur alphabétisation est un moteur de développement des familles, des communautés, puisqu’il permet une meilleure scolarisation des enfants, alors aucune hésitation n’est possible : agissons ensemble, dès maintenant et ouvrons l’école aux adultes qui en ont besoin!